Être bilingue ≠ être traducteur
Pourquoi parler plusieurs langues ne suffit pas pour bien traduire ?
Vous êtes bilingue ? Proficiat !
Vous êtes donc tout à fait capable de commander un café à Anvers, de regarder Knokke Off sans sous-titres, voire de tenir une conversation au boulot sur la météo.
Mais de là à traduire un texte juridique, marketing ou technique ?
Ce n’est pas parce qu’on sait couper des légumes en brunoise qu’on peut se proclamer chef étoilé !
Parler plusieurs langues, c’est bien. Traduire, c’est un métier.
Le bilinguisme est une excellente compétence.
Être traducteur, c’est savoir s’en servir avec précision (après 5 ans d’études quand même).
Traduire ne consiste pas à remplacer des mots par d’autres mots. Il s’agit de :
• comprendre une intention,
• capter un ton,
• respecter un contexte,
• et transmettre un message qui fonctionne dans une autre culture.
Les traducteurs ne traduisent pas des mots (Google Translate s’en charge), ils traduisent du sens : leur rôle est celui de passeur de message, mission-caméléon qui consiste à se mettre d’abord à la place du rédacteur, à vouloir saisir à tout prix le sens de son texte, ce qu’il dit et ce qu’il veut dire.
Parce que connaître une langue ne signifie pas qu’on peut se faire appeler Van Dale : un traducteur n’est pas qu’un dictionnaire, c’est un professionnel qui a de l’expérience, des références, qui comprend les nuances, les niveaux de langage, l’humour, et même les tabous.
Quand la traduction est littérale, elle fait sourire, n’hésitez pas à lire nos deux articles à ce sujet : Les erreurs de traduction célèbres et Les 7 translation fails les plus effrayants.
Le traducteur est précisément là pour éviter que votre message ne dise autre chose que ce que vous vouliez dire. Et accessoirement, pour éviter qu’il ne devienne un #translationfail.
Le traducteur : ce caméléon du sens
Un mauvais traducteur, il voit un mot, il le traduit. Un bon traducteur… jongle en permanence avec :
• les nuances,
• le registre,
• le public cible,
• le style,
• la terminologie,
• et les contraintes du support (site web, brochure, contrat, discours, etc.).
Il faut être fidèle sans être littéral. Créatif sans être infidèle. Invisible, tout en étant précis.
« Sarah est bilingue, elle peut relire, non ? »
Vous reconnaissez cette situation ?
« On a traduit un texte marketing avec l’IA. Pas besoin d’un traducteur, Sarah en compta est bilingue, elle peut jeter un œil. »
Sarah est sans doute une excellente comptable et parle peut-être très bien néerlandais. Mais ce n’est pas pour autant que relire et corriger une traduction marketing (encore plus si elle vient d’une IA) entre dans sa description de fonction.
Relire une traduction, signifie analyser le style, l’impact, la cohérence, les références culturelles, la terminologie, les faux amis, les glissements de sens, les maladresses… et les petites phrases qui « passent » mais qui ne devraient pas.
La vraie question n’est pas « est-ce possible ? »
La vraie question est « est-ce que j’ai envie d’assumer le résultat ? »
Confier une traduction à un professionnel, ce n’est pas du luxe, c’est un investissement dans :
• votre crédibilité,
• votre image,
• et votre tranquillité d’esprit…



